
http://www.leberry.fr/Voici quatre ans jour pour jour, tu succédais à Christian Doucet à la tête de l'épreuve phare du cyclisme départemental. Comment va la course ? Plutôt bien, malgré la conjoncture économique et de la morosité affectant le cyclisme pro. En quatre éditions, le budget est passé de 136 000 à 166.000 ?, on a triplé la part des partenariats privés... Même si on joue sur un équilibre fragile, dans un monde où l'argent rend un peu dingue, ce n'est pas fini !
Tu as donc des projets ? Ah oui ! Pour la 59e édition, en octobre 2009, je compte à nouveau sur les grosses écuries étrangères de la CSC, de la Caisse d'Épargne, d'Astana et de Columbia (vainqueur en 2008 avec l'Autrichien Bernard Eisel NDLR). Plus une ! Une équipe mahousse, qui compte sans doute le meilleur sprinter au monde. Je ne peux encore rien dévoiler, mais les initiés devineront sans peine. J'ai d'autant plus d'espoir de les avoir au départ qu'ils m'ont contacté eux-mêmes.
L'épreuve a donc une bonne réputation ? Oui ! On court le jeudi d'avant le Paris-Tours, c'est idéal. L'an dernier, le 6e de Paris-Bourges (Philippe Gilbert NDLR) a gagné à Tours ; ça parle aux coureurs, aux directeurs sportifs, aux sponsors des équipes ! Début février, je vais prendre mon bâton de pèlerin (sa moto NDLR) et aller passer 48 heures sur le Tour du Haut-Var, pour vendre le Paris-Bourges. Et puis aujourd'hui plus que jamais, organiser de telles courses, c'est avant tout s'appuyer sur un réseau formé des autres organisateurs, de partenaires potentiels... On fonctionne au feeling, au coup de c?ur, à la spontanéité. Tiens ! Hier, à Châteauroux, je rencontre un gars de mon âge, cadre dans un grand groupe, mais avant tout fou de vélo. Grand connaisseur de Paris-Bourges, de la coupe de France, tout ! Le courant est passé, on va faire un bout de route ensemble. Ça marche comme ça...
La course va quitter le calendrier de la coupe de France, où elle figurait depuis 1993... (Catégorique) Un choix avant tout financier. Ces trois prochaines années, la Caisse d'Épargne souhaite s'impliquer sur l'épreuve. Ça signifie 20.000 ? de plus par édition, on en aura l'usage en matière de communication et de diffusion télé. Et comme la coupe de France est sponsorisée par le Crédit Agricole... En outre, toutes les courses ont le soutien financier d'une banque, on était la dernière. Alors...
Concrètement, ça va changer quoi. Rien sur la distance, qui restera sous les 200 km en raison de la proximité du Paris-Tours. En revanche, on peut envisager de durcir le parcours, en le corsant dans le Sancerrois. Tout bénéfice pour le spectacle, ça !
Et le final ? Ah, ça ! L'incendie du dojo Pierre-de-Coubertin (en décembre NDLR) nous oblige à abandonner l'avenue de la République, car c'est là que la caravane (vingt autocars et des dizaines de voitures NDLR) stationnait et que les coureurs se douchaient. On réfléchit depuis, avec la ville, très impliquée dans ce dossier, à un autre site qui garantisse à la fois de l'espace, un minimum de confort et aussi du spectacle. Là non plus, je ne peux rien dire pour l'heure. Mais c'est en très bonne voie, la municipalité est très compréhensive et consciente de l'image que véhicule le Paris-Bourges. Ce n'est pas la moindre de nos victoires !
Au-delà, je crois qu'une course cycliste, a fortiori une course pro, c'est surtout du rêve qui passe chez toi, dans ton village, à ta porte. Le Paris-Bourges déplace du monde
sur sa route, en pleine semaine, suscite de l'enthousiasme, de l'émotion, de la passion. Alors, même si les temps sont durs, j'estime que nous devons préserver tout ça. Être ambitieux, quoi
!
Emmanuel Letreulle emmanuel.letreulle@centrefrance.com




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