Carlos Sastre a parachevé son succès à Saint-Amand-Montrond. (Photo NR, Xavier Guérin).
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Auttorisation du 03.02.2005
TOUR DE FRANCE Carlos Sastre succède à Lance Armstrong
LA FORCE TRANQUILLE
Au bout de sept ans du règne interminable de « l'Extraterrestre », on avait fini par oublier à quoi pourrait ressembler un autre vainqueur du Tour de France.
A défaut d'un panache étincelant, le lauréat 2008 a le mérite d'une valeur insoupçonnable, forgée au cours d'une carrière déjà longue. Carlos Sastre n'est pas un débutant (33 ans). Il avait même,
au départ de l'épreuve, l'une des plus belles cartes de visite du peloton. Equipier modèle de Laurent Jalabert, de Joseba Beloki ou encore d'Ivan Basso, il s'est imprégné du talent des
autres.
Bon grimpeur, l'Espagnol n'est pas un hidalgo en habit de lumière, à la manière d'un Anquetil ou d'un Merckx. Il est plutôt de la lignée de ces coureurs modèles couronnés sur le tard, comme Van
Impe ou Zoetemelk.
Un vainqueur modeste ? Peut-être. Mais un vainqueur au rabais, certainement pas. Sastre, on le connaissait bien comme spécialiste des courses à étapes. Troisième du Tour de France en 2006, second
du Tour d'Espagne en 2005, il faisait partie de ces champions qui peuvent prétendre à la consécration.
Dans une édition 2008 où l'on attendait beaucoup Alejandro Valverde, Denis Menchov, Cadel Evans… et où les frères Schleck ont fait un joli numéro (le plus jeune des deux prenant date pour
l'avenir), on a assisté à une course exemplaire de Carlos Sastre.
Bien plus coriace qu'il y paraît
Discret dans les Pyrénées, le Madrilène a attendu l'Alpe-d'Huez pour frapper un grand coup. On le pensait au bout du rouleau pour aborder l'avant-dernière étape, ultime grand défi de ce Tour : le
contre-la-montre individuel entre Cérilly et Saint-Amand-Montrond.
C'était sans compter sur la volonté de l'Espagnol, qui conservait l'avance nécessaire et suffisante sur son principal contestataire, Cadel Evans, pour rallier Paris avec la précieuse tunique
jaune.
A Saint-Amand, Sastre a fêté sa victoire avec pudeur. Rendant hommage à ses adversaires, à ses « maîtres » (au premier rang desquels il place sans hésiter le Français Laurent Jalabert)… et
prenant date pour l'avenir.
Car 2009 sera sans doute marquée par une nouvelle émulation, avec le retour d'Alberto Contador, sans oublier celui, très médiatique, de Lance Armstrong
(lire ci-contre).
Et peut-être faudra-t-il compter encore avec Sastre, cet homme de devoir, beaucoup plus coriace qu'il y paraît...
Éric Richard
eric.richard@nrco.fr
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