
Après avoir présidé l'association internationale des coureurs cyclistes professionnels (CPA) pendant un an, Cédric Vasseur n'y trouve pas son compte. C'est pourquoi il réactive son souhait de
monter une équipe. Un désir qu'il n'avait jamais caché.
Depuis que vous avez pris vos fonctions au sein de la CPA, on vous a senti impliqué, mais pas forcément à l'aise.
« C'est vrai. En fait, ce travail consiste à tenter de dénouer les problèmes de chacun sans avoir de pouvoir réel. Je suis ravi d'avoir découvert des aspects du métier que j'ignorais car j'étais trop plongé jusque-là dans la compétition. Cela m'a aussi permis de toucher du doigt les aspects politiques des arcanes du vélo, ce pourquoi je ne suis pas spécialement fait. Dès que je bouge le petit doigt, on m'accuse soit de rouler pour l'UCI, soit de rouler pour le Tour de France.
Dans les petites équipes, on me demande de régler des problèmes de retard de paiement, alors que je n'ai pas l'autorité légale pour le faire. Au vu des contrats que j'ai pu avoir dans les mains, certains coureurs sont vraiment prêts à signer n'importe quoi pour porter un maillot professionnel. Ils feraient mieux de se demander s'ils ont le niveau. Quasiment seules les équipes du Pro Tour sont sérieuses, et encore. Les Saunier-Duval de Gianetti n'ont pas été payés depuis le mois d'août ! »
- Cela prouve la pauvreté du cyclisme...
« C'est un sport de misère qui ne fait plus guère rêver, et c'est bien là le fond du problème. Pourtant il a toujours une couverture médiatique forte à travers de gros événements, et c'est un vecteur de communication incroyablement efficace. Voyez Cofidis ou AG2R, leur notoriété a explosé. C'est pourquoi, avec l'aide de Bertrand Wambeke, mon avocat, j'ai monté un projet d'équipe continentale pro que je tente de vendre. »
- Depuis quelques mois, on vous voit sur les routes ou dans des manifestations de masse avec un maillot « Digest Science ». Qu'en est-il ?
« Il s'agit d'une fondation présidée par le professeur Pierre Desrumeaux, gastro-entérologue, qui lutte contre les pathologies digestives. J'ai découvert un univers passionnant mais aussi des entreprises de niveau mondial, comme Roquette ou Lesaffre, qui n'hésitent pas à investir dans cette fondation pour promouvoir une nouvelle alimentation plus protectrice de la santé. C'est un thème qui peut être fédérateur et derrière lequel il y a des moyens de déclinaison. Mais cela n'est qu'une piste parmi d'autres.
Si je dévoile mes batteries dès maintenant, alors que l'équipe ne verra le jour qu'en 2010, c'est qu'il faut s'y prendre très tôt. J'affiche ma volonté de créer une équipe. J'ai quatorze ans de professionnalisme dans les jambes. Mon expérience dans l'organisation du cyclisme, les contacts avec les instances internationales, les organisateurs, ma maîtrise de quatre langues, mon image personnelle dans les médias sont autant d'atouts qui doivent m'ouvrir des portes. J'en ai la conviction et la compétition me manque. Alors j'y vais avec autant de détermination que lorsque je me fixais un objectif sur le vélo. Il n'y a pas de place pour le doute. » •
RECUEILLI PAR R. DEMEURE




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