
C'est exactement ce que j'imaginais et recherchais. Il y avait une bonne ambiance, lors des deux premiers stages aux Herbiers et Chantonnay. Je connaissais déjà certains coureurs, mais je me sens déjà bien dans ce groupe.
C'est pour cette raison que vous avez choisi de signer chez Bouygues Telecom, lors des deux prochaines saisons ?
Oui. Pour moi, ça a été une surprise que le Crédit Agricole arrête. Je ne pensais pas qu'une équipe comme ça n'allait pas retrouver de partenaire. J'ai eu plusieurs contacts cet été (AG2R et la Française des Jeux, notamment, ndlr). J'ai rencontré Jean-René Bernaudeau. Il m'a raconté son histoire, celle de la création de son équipe. Et tout cela m'a séduit. Cette équipe, il l'a faite avec le coeur. J'ai découvert plein de choses. Je ne suis pas issu d'une famille du vélo, du coup j'apprends. Moi, c'est un copain d'école qui m'a fait aimer ce sport. Nous sommes toujours amis, on s'entraîne ensemble et il portera la saison prochaine les couleurs du Vendée U. (Benjamin Gault). Je sens que je peux m'épanouir dans cette équipe, tout le monde y a sa chance.
« Je ne me mets pasde pression »
La notion de plaisir semble avoir beaucoup d'importance ?
Évidemment. Quand on est échappé, voir le public au bord des routes qui vous encourage, c'est génial. Je l'ai vécu au printemps sur Liège-Bastogne-Liège où dans certaines côtes, il y avait quatorze rangées des spectateurs, ça s'écarte juste au moment où on passe. J'en ai encore le frisson. Moi, ce qui me plaisait quand je regardais le Tour à la télé, il y a quelques années, c'était d'abord les grands raids en montagne de Virenque ou Jalabert. J'espère connaître ça un jour.
On dit que vous avez la trempe d'un leader ?
Je ne sais pas. J'ai beaucoup de progrès à faire et surtout de l'expérience à acquérir. Je n'ai que 22 ans. Depuis les départs en retraite de Virenque, Jalabert, Brochard et Rous, on manque de leaders en France. J'espère connaître des belles choses à l'avenir. Mais je ne veux pas me mettre de pression.
En juillet prochain, vous découvrirez votre premier Tour de France ?
J'espère une sélection, mais je suis comme les autres, il faut que j'aille la chercher. Une course de trois semaines, c'est l'inconnu pour moi. Mes courses par étapes d'une semaine, comme Paris-Nice ou le Dauphiné, se sont bien passées. J'ai fini meilleur grimpeur au Dauphiné. La montagne, c'est ce que je préfère.
Où en êtes-vous dans votre préparation foncière ?
Je commence à avoir des sensations, j'ai été arrêté longtemps à cause de ma tendinite au talon d'Achille, survenue aux JO de Pékin. Je suis les conseils de Marion Clignet et je ne vais pas tarder à commencer des petites intensités à l'entraînement.
L'image du vélo a encore été salie cette saison. Quelle attitude adoptez-vous devant la litanie des affaires ?
J'essaie ne pas y penser sinon on n'avance pas. Je m'attache à faire mon métier correctement. Ce qui est dur, c'est d'être battu par des mecs qui sont ensuite pris positifs. Ce n'est pas facile à admettre, car l'image se dégrade. Mais je veux avoir confiance avec tout ce qui est mis en place dans le passeport biologique et les contrôles inopinés, même s'il y aura toujours des tricheurs dans la vie. Pas seulement dans le vélo.
Recueilli par Vincent COTÉ.
Pierre Rolland en bref. Né le 10 octobre 1986 à Gien (Loiret). 1,83 m, 68 kg. Débute le cyclisme en 2000, par le VTT et reste au Cercle Gambetta d'Orléans jusqu'en 2004. Il intègre ensuite Super Sport 35 en Bretagne, sous la direction de Stéphane Heulot et Lilian Lebreton. Stagiaire au Crédit Agricole lors du Tour de l'Ain en 2006, il passe pro en 2007 et compte deux succès d'étape pour sa première année : sur le Tropicale Amissa Bongo et au Tour du Limousin.
• Son programme. Pierre Rolland débutera la compétition le 13 Janvier au Gabon à la Tropicale Amissa Bongo, puis sera de retour en France avec la présentation de l'équipe le 22 Janvier, avant la Marseillaise le 1er février, puis l'Étoile de Bessèges, le Tour du Haut-Var et Paris-Nice.




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