
Jean-Yves Tranvaux, quel bilan tirez-vous des Trois Jours Ouest-France, les premiers à se dérouler samedi-dimanche-lundi et non vendredi-samedi-dimanche ?
Les Jeux Olympiques nous ont contraints à changer de date, mais franchement on ne le regrette pas. On a réussi à la perfection nos trois jours. Il faut dire que l'investissement des bénévoles était tel dès le début du week-end que j'étais persuadé que tout se passerait bien. Cerise sur le gâteau, on a assisté à trois belles courses. On a vraiment été gâté.
Imaginez-vous dans le futur conserver les mêmes dates ?
On va discuter avec le comité, mais j'y suis favorable. La télé également. Cette date du lundi nous ouvre des horizons. De cette manière, on se rapproche également de notre date historique, puisqu'avant 1992 le Grand Prix se déroulait le mardi.
Un petit mot sur l'affluence.
Le public a répondu présent. J'ai le sentiment qu'on n'a jamais eu autant de monde durant les trois jours. On a quand même eu 600 cyclos de plus samedi, ce n'est pas rien. Ensuite, l'affluence n'a jamais été aussi importante pour la Coupe du monde féminine. Enfin, on a également attiré la foule pour le Grand Prix, au moins autant que d'habitude, tout en sachant que certaines personnes n'avaient pas intégré le changement de date et qu'elles n'avaient donc pas posé un jour de congé.
Que pensez-vous du vainqueur, Pierrick Fédrigo ?
C'est un vainqueur à notre image, comme on les aime et dans la lignée de Thomas Voeckler. Pierrick Fédrigo est un garçon simple, travailleur, et qui répond toujours présent dans les grands rendez-vous. Alessandro Ballan n'aura pas dépareillé au palmarès, c'est un coureur que j'aime beaucoup, mais dans le contexte actuel, je préfère que ce soit un Français qui l'ait emporté.
La course a rarement été aussi animée que cette année. On image que cela a dû vous plaire.
C'était sympa, c'est vrai. Lorsque j'ai vu l'équipe CSC roulait alors que la première échappée n'avait que 2-3 minutes d'avance, j'ai su qu'on aurait un excellent Grand Prix. Finalement, la course s'est décantée à 80 kilomètres de l'arrivée. À partir de là, on a eu droit à un feu d'artifice. Je ne regrette pas d'avoir ajouté un tour supplémentaire. Cela a permis de durcir la course.
Qu'ont pensé du Grand Prix les gens d'Eurosport, qui retransmettaient pour la première fois l'épreuve à la place de France Télévisions ?
Ils ont été ravis. Ils avaient choisi de diffuser sur Eurosport 1 Plouay plutôt que le Tour du Bénélux, et ils ne le regrettent pas. On a eu le droit à de superbes images, ce que je tiens à souligner. Notre épreuve sert aussi à vendre l'image de la Bretagne à l'extérieur.
Y a-t-il des choses qui ont « cloché » ce week-end ?
Il y a toujours des petits détails à peaufiner, mais à l'arrivée, on a été proche de la perfection. Les gens de l'UCI (union cycliste internationale) m'ont dit qu'ils devraient amener de nombreux organisateurs à l'école de Plouay, même des professionnels.
On le sait, le contexte économique n'est pas très favorable. Craignez-vous pour la pérennité de votre épreuve ?
Non, même si on espère trouver de nouveaux sponsors, et un investissement plus fort de la part de la télé. Ce week-end, les frais de retransmission étaient à notre charge, ce n'est pas rien. Ceci dit, je n'ai aucune crainte pour l'avenir. On a encore bien bossé cette année, et on l'a fait pour tous les organisateurs de courses en Bretagne. On a également montré qu'on méritait notre place dans le premier calendrier, qu'il s'appelle Pro Tour ou pas. C'était la volonté de Jean-Yves Perron, on y est parvenu.




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