(Photo correspondant NR, Serge Vialle).
Grâce au maillot jaune porté une journée sur le Tour de France, Romain Feillu est souvent
sous les feux de l’actualité et dans l’objectif de sa fan numéro un, sa sœur Lisa...
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Autorisation nrco du 03.02.2005
Romain Feillu a repris la compétition mardi dans le Tour du Limousin. Le coup de pédale est toujours là et le Vendômois, seul maillot jaune français du Tour, entend bien le
faire savoir jusqu'au terme de la saison.
Mais c'est un Romain Feillu encore plus facétieux qu'à l'habitude qui s'est présenté sur le podium de départ de l'épreuve limousine. Noyé sous les averses, le Champs de Juillet à Limoges ne
s'attendait certainement pas à découvrir l'ancien maillot jaune du Tour de France bras nus et lunettes de plongée vissées sur les yeux.
« En fait, c'était une perche lancée par Geoffroy
Lequatre. Je fais toujours un peu le “ con ” et là, je m'amusais avec les lunettes. Il a parié que je n'irai pas à la présentation de l'équipe avec. Perdu. Et tout le monde a gagné un coup à
boire ! »
Depuis son passage chez les pros, Romain a déconcerté par sa réussite. Son coup de force à Nantes et la prise du maillot jaune sur le dernier Tour de France l'ont pour ainsi dire totalement
décomplexé.
« Le maillot jaune, ça a un peu changé ma vie avec mes voisins à Fréjus. Ils sont venus me féliciter. Mais ailleurs, ça n'a rien changé et au sein de l'équipe Agritubel où j'étais
déjà un peu protégé, ça n'a pas modifié mon statut. »
Le fameux paletot aura également eu le mérite d'aider à digérer plus facilement cette élimination au terme de la 19
e étape, à Montluçon.
« A la base, de toute manière, je ne
partais que pour faire dix jours dans le Tour. Il y a eu le maillot jaune pour oublier et surtout ces trois places de 3e, toutes acquises de façons différentes. Celle qui me laisse le
plus de regret, c'est celle de Saint-Etienne. Si je n'avais pas été malade, je restais avec Burghardt et Barredo. Et Burghardt, je l'aurai eu ! Je n'ai pas eu de chance, simplement. Mais ça me
laisse des espoirs pour la suite. »
La suite ? Romain Feillu n'est pas décidé à en voir le bout. Il a quasiment évacué les restes de sa toxoplasmose et a coupé neuf jours (après avoir disputé sept critériums) avant le Limousin.
C'est donc un coureur relativement frais qui s'apprête à avaler la fin de l'été et le début de l'automne.
« Lundi, il va y avoir Plouay et du beau monde. Ce sera une bonne mise en jambe pour
la Classic de l'Indre (31 août) qui est une course accessible pour moi. Mais toutes les courses seront un objectif parce que je veux gagner ma sélection pour les championnats du monde. »
En début de semaine, Frédéric Moncassin, le sélectionneur national, admettait que pour en être
« Romain devrait marcher très fort parce que l'an dernier, je l'ai pris, mais il était un peu
juste. » Des propos qui agacent quelque peu le Vendômois.
« Qui marchera encore véritablement fort dans un mois et demi ? s'interroge-t-il.
J'étais un peu juste l'an dernier ?
Mais après le mondial, je gagne Paris-Bourges et je fais 10e à Paris-Tours ! En plus, Varèse, c'est pas mal comme circuit. Il y a moins de dénivelé qu'à Stuttgart et un peu plus qu'à
Salzbourg (NDLR, où il avait décroché l'argent mondial chez les espoirs)
. Et puis rien que pour la fausse Une du journal L'Equipe, en début d'année *, j'ai envie d'aller y faire un truc.
Je rêve aussi de gagner Paris-Tours parce que je suis quand même un gars de courses d'un jour. J'ai la distance dans les jambes. Il faut simplement gérer… »
La course. Et la fin de saison. Mais ça, Romain Feillu sait faire.
* Dans son édition du 1er janvier, les différentes rédactions du quotidien sportif avaient présenté leurs fausses Une de rêve. Le cyclisme avait alors parié sur Romain Feillu,
champion du monde à Varèse, avec une énorme photo du Vendômois.
Nicolas TAVARÈS
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