Seuls des contrôles de plus en plus performants et des sanctions exemplaires feront reculer un dopage toujours ancré dans le vélo.
TOUR DE LA BASCULE ? OUI...
Tour de la bascule : voilà la nouvelle expression trouvée par Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, pour marquer la différence entre l’édition 2008 et les précédentes. Il y en a
une, c’est vrai. Plusieurs même... À part la CSC, aucune équipe n’était capable de maintenir longtemps un train d’enfer. En montagne, pas un coureur n’est parvenu à conclure victorieusement
un long raid. Dans les cols, plus aucun ténor n’avait les jambes (ni le carburant...) pour multiplier les démarrages. Et il suffisait de voir les visages défaits aux arrivées pour se
persuader que les choses vont dans le bon sens.
MAIS...
Comme d’habitude, d’énormes doutes brouillent l’image du vainqueur final. Comment faire confiance à un ancien élève de Manolo Saiz, désormais sous la coupe
d’un Bjarne Riis qui a avoué s’être dopé dans son Tour victorieux en 1996 ? Malgré la qualité indéniable de ses individualités, la domination de son équipe laisse également perplexe.
CONTRÔLES EFFICACES. OUI... L’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) a fait preuve d’une implacable efficacité en ciblant les tricheurs. Beltran, Duenas, Fofonov et, surtout, Ricco
ont été pris dans les filets. Et d’autres noms sortiront peut-être des éprouvettes avant la fin de la semaine. MAIS... Ricco a été contrôlé positif dans le contre-la-montre de Cholet mais, à
moins que cela n’ait pas été divulgué, pas à Super-Besse ni à Bagnères-de-Bigorre où il a gagné. Même chose pour Piepoli : il a été licencié par Saunier-Duval mais pas déclassé à Hautacam.
Cela met en doute la fiabilité des contrôles et on s’interroge à propos de beaucoup de coureurs. Ont-ils recours à des transfusions, des auto-transfusions ou à des produits indétectables ?
Quoi qu’il en soit, seules des sanctions exemplaires - pourquoi pas des radiations à vie ? - auront des effets dissuasifs. NOUVELLES TÊTES. OUI... Sastre vainqueur du Tour de France 2008. On
ne peut pas dire que ce vieux cheval de retour (33 ans) soit le vainqueur idéal pour incarner un cyclisme nouveau. En revanche, quelques nouvelles têtes apparaissent : Kohl, Vandevelde, Andy
Schleck... MAIS... On avoue que l’Autrichien Kohl nous plaisait bien mais en voyant ce vrai grimpeur se transformer aussi en rouleur, on s’interroge. Surtout qu’il faisait chambre commune
avec le sulfureux Schumacher. On a davantage confiance en Christian Vandevelde, qui appartient à une équipe (Garmin-Chipotle) à l’éthique sans faille, mais il a 32 ans... Andy Schleck, lui,
pourrait être la star de demain mais son appartenance à la CSC et « l’intérêt » que lui porte l’AFLD nous incite à ne pas nous enthousiasmer. LA RÉUSSITE DES FRANÇAIS. OUI... Il faut
descendre jusqu’aux 14 e et 15 e places du classement général pour dénicher les premiers Français, Casar et le prometteur Moinard, mais c’est normal de ne pas en trouver plus haut. En
revanche, on saluera la réussite des tricolores dans leur quête de victoires d’étapes. Dumoulin, Dessel et Chavanel ont levé les bras et Feillu a porté le maillot jaune. À ce bilan
encourageant, on ajoutera les succès de Hushovd et Gerrans, qui portent les couleurs du Crédit Agricole. MAIS... Alors que la lutte antidopage est la priorité des priorités pour les équipes
françaises, on a appris dimanche soir que Dimitri Fofonov (Crédit Agricole) avait subi un contrôle positif. Désespérant.
Arnaud Gérard (Française des Jeux) s’est fait un grand plaisir en s’échappant en solitaire peu avant le dernier tour dimanche sur les Champs, ce qui lui a valu de passer en tête sur la ligne
quand la cloche a résonné. « J’avais dit que j’attaquerais, je l’ai fait. Ça prouve que j’avais encore des forces à la fin de mon premier Tour de France », déclarait le Costarmoricain de
Brusvily. LE BOULANGER « COMME UN GAMIN ». À 32 ans, Yoann Le Boulanger (Française des Jeux) est venu à bout, dimanche, de son premier Tour. « Je suis heureux comme un gamin. Le moment le
plus fort sur les Champs ? L’attaque du dernier tour avec toute cette foule qui vous porte », précisait le Costarmoricain de Plougonver. LES BOLGIANI SUR LE TOUR. Yvonnick Bolgiani, licencié
à l’UCL Hennebont, après avoir porté les couleurs du CC Louison Bobet, du VC Pontivy et du VC Dinan, était l’un des pilotes du journal L’Équipe sur le Tour. Johnny, son frère, était également
présent sur la Grande Boucle où il s’occupait de l’intendance. BIEN VU MORIN. Fidèle à ses habitudes, Anthony Morin, l’ancien professionnel de Lanmeur (29), faisait le Tour avec un jour
d’avance pour vérifier que rien ne manquait aux hôtels prévus pour les coureurs. Samedi matin, Tonio nous avait assuré que Carlos Sastre allait garder son maillot jaune dans le chrono. Bien
vu. LE BALCH, L’ITALIEN. Éric Le Balc’h, le speaker morlaisien qui officie en début de caravane publicitaire, a manié la langue de Ricco pendant les deux étapes en Italie. « On m’avait chargé
de dire une dizaine de phrases mais, comme celui qui me les a remises est du genre plaisantin, j’ai vérifié si on ne me faisait pas sortir des insanités. » « MAB » ET JOHAN LE BON. Alain
Dagorne, plus connu sous le surnom de « Mab » dans le peloton, est tout content de la réussite de Johan Le Bon, le fils de son copain Dominique, récemment sacré champion du monde juniors. «
Il a toujours été fou de vélo. Je me souviens de le voir, au Tro Bro Leon, réclamer un autographe à Stuart O’Grady, qui était alors chez nous », racontait, samedi, l’assistant du Crédit
Agricole.
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