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Le 95e Tour de France s'est achevé, dimanche, sur le triomphe de Carlos Sastre. Les bases de son succès, c'est dans la force de son équipe que l'Espagnol les a
puisées.
Finalement, Bjarne Riis, manager de la CSC, aura mis un peu plus d'une semaine avant d'admettre qu'il avait influé sur le choix de son leader. C'était à la veille
de la traversée des Alpes et Cadel Evans portait encore le maillot jaune.
Riis, en substance expliqua alors à Carlos Sastre et Frank Schleck que «
l'un devait accepter de se sacrifier pour l'autre. » Mais le Danois affina ensuite son propos lors de la
journée de repos à Cuneo (Italie), soit à la veille des deux dernières étapes alpestres, quand Schleck était devenu leader. «
Puisque c'est Frank qui avait le maillot, il fallait que ce
soit Carlos qui attaque. Je savais qu'il serait bien dans l'Alpe-d'Huez. Il devait être le premier à attaquer. » On connaît la suite. Sastre s'envola dans l'Alpe, réalisant une montée qui
le place dans le sillage immédiat de Marco Pantani ou Lance Armstrong, rien que ça.
«
L'équipe a tout fait pour me faciliter la tâche durant ce Tour. Les frères Schleck ont même sacrifié leurs propres objectifs pour moi », rappela l'Espagnol samedi soir à
Saint-Amand-Montrond. Sans une fringale dans Hautacam, Andy Schleck aurait sans doute poussé Bjarne Riis à changer son fusil d'épaule. Car de l'avis général, le cadet de la fratrie
luxembourgeoise était le plus fort du lot. Bien au-dessus de tous les adversaires de la CSC qu'il a d'ailleurs mis au supplice dans les Alpes. «
Mais j'ai encore beaucoup de travail à faire
pour gagner le Tour un jour, reconnaît Andy.
L'année prochaine, j'espère juste revenir avec une forme encore meilleure que cette année. »
Cadel Evans (Silence-Lotto) reviendra lui aussi, sans doute. Mais il devra s'entourer s'il ne veut pas rester au pied de la plus haute marche. «
Il y a eu beaucoup plus d'incidents que je
ne l'aurais espéré ou pensé sur ce Tour. Ma chute dans les Pyrénées a été pénalisante. Je pense que j'y ai laissé des forces et c'est pour cela que j'ai payé le prix dans la troisième semaine.
J'ai vécu une bonne expérience et j'ai appris des choses qui me serviront. »
Evans : “ Ma chute
dans les Pyrénées
a été pénalisante. ”
L'an prochain, il faudra toutefois composer avec le retour d'Alberto Contador. Celui de l'Autrichien Bernhard Kohl (Gerolsteiner) également, qui restera comme la grande révélation du Tour 2008.
Troisième et meilleur grimpeur, il a estimé qu'il «
n'aurait jamais pu en rêver. Le podium, je le regardais à la télé. J'étais un fan, jamais je n'aurais pensé me retrouver dessus un
jour. » Pour cela, le coureur de la Gerolsteiner a sorti le chrono de sa vie à Saint-Amand. Quant à savoir s'il pourra rééditer pareille performance l'an prochain…
L'édition 2008 nous a en tout cas donné à voir un suspense haletant jusqu'à la veille de l'arrivée sur les Champs.
Avec son lot, malheureusement, de nouvelles qui n'ont pas forcément redoré le blason du cyclisme. Malgré l'omniprésence de l'Association française de lutte contre le dopage, en dépit de la
volonté des organisateurs de mener à bien un «
Tour à visage humain », Manuel Beltran, Moises Duenas, Ricardo Ricco et Dimitry Fofonov – en attendant d'éventuels numéros
complémentaires – ont démontré qu'il faudrait encore patienter avant que tous les tricheurs ne soient exclus du jeu et que l'on puisse enfin parler d'un Tour du renouveau.
Nicolas TAVARÈS
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