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Décevant lors du contre-la-montre, l’Australien devra encore patienter pour décrocher une première victoire dans le Tour
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Autorisation nrco du 03.02.2005
Ce devait être le jour de gloire de Cadel Evans. Le contre-la-montre final du Tour de France, 53 km tracés samedi entre Cérilly et Saint-Amand-Montrond, a tourné au
cauchemar pour l'Australien de Silence-Lotto. Et par voie de conséquence au triomphe de l'Espagnol Carlos Sastre, incroyable de sérénité dans un tel moment et finalement 12e de
l'étape.
« J'attendais Cadel beaucoup mieux que ça », admettait un Marc Sergeant dépité. Le manager de la formation belge a d'ailleurs vite compris que l'affaire tournait court pour son coureur :
« On avait prévu une bagarre serrée, ça n'a jamais été le cas. Cadel n'était pas à l'aise sur son vélo. Pour gagner le Tour, il fallait qu'il soit dans le Top 3 de l'étape. A Cholet, il était
avec ceux-là. Avec leur temps, c'était bon. »
Même Bernhard Kohl (Gerolsteiner) a pris la mesure de l'Australien, ne lui concédant que quinze petites secondes. Pour le meilleur grimpeur du Tour 2008, l'effort ne fut pas vain, qui l'a
maintenu sur le podium du Tour (3
e) où il a devancé le Russe Denis Menchov (Rabobank) qui fit illusion sur le premier point intermédiaire avant de replier ses ailes.
Sastre transcendé
Comme à Cholet, quinze jours plus tôt, c'est l'Allemand Stefan Schumacher (Gerolsteiner) qui a archi-dominé tous les spécialistes, le Suisse Fabian Cancellara en tête.
« Je n'étais pas sûr de
mes jambes, mais je voulais me donner à cent pour cent, expliquait le coureur à son arrivée.
J'ai pris très vite un bon rythme et j'ai fait la différence dans la bosse. C'est mon
quatrième Grand Tour, mais c'est seulement maintenant que j'arrive à être régulier. »
Il y a toutefois eu plus fort en terme de régularité : Carlos Sastre. Le leader de la CSC était en péril dans le Cher. Il a fait mieux que se défendre puisqu'il a non seulement conservé son
maillot, mais le Madrilène a tout simplement porté l'estocade dans un exercice qui n'est pourtant pas le sien. L'homme n'a jamais été ridicule dans l'effort solitaire, mais avec le maillot jaune
sur les épaules, il s'est tout simplement transcendé. Au bout de la ligne droite d'arrivée, sûr de son fait, Sastre a même coupé son élan, fait le signe de croix et dressé un index vers le ciel à
l'adresse de son beau-frère décédé en 2003, José Maria Jimenez.
« Depuis sa mort, il m'accompagne. Il est partout avec moi. Aujourd'hui, j'étais calme. C'était l'occasion de ma vie, le rêve de ma vie et c'est devenu réalité. Mais il n'y a pas de secret
là-dedans. Je suis résistant au fil des jours. De mieux en mieux, même. J'ai une bonne capacité de récupération. »
Où l'on en déduit donc ce que le rictus de Cadel Evans sur les pentes de l'Alpe-d'Huez laissait entendre : l'Australien a terminé le Tour rincé. Sans doute plus que la plupart de ceux qui l'ont
accompagné dans le Top 10 du Tour.
Samedi, à Saint-Amand-Montrond, Cadel Evans a terminé 7
e à 2'05 de Stefan Schumacher. Moins bien, donc, que Kim Kirchen (3
e) ou Christian Vandevelde (4
e),
pourtant mis à mal dans les Alpes. A méditer pour l'an prochain. N. T.
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