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CYCLISME-Roltiss Photos
Alors qu’il devait reprendre 1’34, Evans n’a finalement distancé l’Espagnol (12e hier à 2’34 du vainqueur) que de 29
secondes
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SAINT-AMAND L'Espagnol, qui garde Evans à distance, devrait remporter le Tour aujourd'hui
SASTRE ÉCLIPSE EVANS
Le contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond a livré son verdict. Il a laissé tout le monde de marbre. Carlos Sastre (CSC) a finalement eu le dernier mot face à un
Cadel Evans (Silence-Lotto) jamais dans l'allure pour pouvoir effacer la minute trente-quatre de retard qu'il avait concédée à l'Espagnol durant le passage dans les Alpes.
Une surprise tant les qualités de rouleur avérées de l'Australien en faisaient le légitime prétendant à la succession d'Alberto Contador, cet après-midi, sur les Champs-Élysées. Seulement voilà,
Carlos Sastre, qui ne s'use que si l'on s'en sert ailleurs que sur les grands Tours, a bien retenu la leçon d'un poisson pilote nommé Fabian Cancellara.
Le Suisse, champion du monde de la spécialité, s'était élancé de Cérilly deux heures et demie avant lui. La tête dans le guidon, le rouleur helvète a établi les bases du succès de Sastre. Prenant
tous les risques avant de buter sur un as du pilotage : Stefan Schumacher (Gerolsteiner).
« Je suis deuxième de l'étape, mais ce n'est pas grave, commentera l'Helvète.
On gagne le Tour. On était prêt pour le gagner ! »
Pas qu'un peu, du reste. Car lorsqu'il s'est élancé, Carlos Sastre a oublié ce coup de pédale qui le promène habituellement sur les cimes.
Parfaitement en ligne, il a simplement concédé 29 secondes à Cadel Evans. Un modèle de course qui fit dire, plus tard, au débonnaire Bjarne Riis :
« Il a fait exactement ce qu'on avait dit.
Sur les quinze derniers kilomètres, il est même allé aussi vite que Cancellara. »
Ben tiens ! Sastre a beau être le plus gentil des hommes, quand il fait passer des vessies pour des lanternes, il n'y a pas grand-monde pour adhérer.
Kohl préserve le podium
Évidemment, dans le camp de l'équipe Silence-Lotto, qui n'a jamais si bien porté son nom, on a vite pris la mesure du naufrage.
La mine déconfite de Marc Sergeant, placé juste dans le sillage d'Evans, se passait de tout commentaire.
« On avait prévu une bataille serrée. Ça n'a jamais été le cas. » Tu m'étonnes
!
Du coup, Saint-Amand-Montrond a appris qu'elle n'était plus seulement la cité de l'or, mais également le pays des merveilles. Car dans la foulée de Carlos Sastre, ce diable de Bernhard Kohl
(Gerolsteiner) a lui aussi sorti le chrono de sa vie. La tête secouée dans tous les sens par l'effort consenti, le grimpeur autrichien n'a finalement perdu que quinze secondes sur Evans. Sans
doute la motivation du maillot à pois… Elle lui offre le podium à Paris.
De miracle, il n'y en eu pas en revanche pour Denis Menchov (Rabobank). Le Russe pouvait croire au podium et le premier temps intermédiaire entretenait d'ailleurs l'espoir. Puis, dans la touffeur
du Boischaut, le grand Denis s'est peu à peu étiolé, laissant pour quarante petites secondes la troisième marche du podium à Kohl.
Lui comme Evans ne garderont pas un bon souvenir de ces 53km chronométrés. Plus encore l'Australien qui ne s'imaginait sans doute pas se glisser dans la peau d'un Poulidor du vingt et unième
siècle. De l'un de nos envoyés spéciaux
NicolasTavarès
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