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Cadel Evans a mené le groupe des poursuivants dans les derniers kilomètres de L’Alpe afin de limiter au maximum l’écart avec Sastre
L'Australien a résisté à l'entreprise de destruction de la CSC. Carlos Sastre s'est imposé en haut de L'Alpe-d'Huez et a pris le maillot jaune. Mais il ne tient qu'à un fil
avant le chrono final de samedi.
De notre envoyé spécial
La route du Tour de France a profité de la dernière étape de haute montagne pour s'offrir, hier, un septième maillot jaune depuis le départ de Brest. Cette fois,
c'est un Espagnol, Carlos Sastre en l'occurrence, qui s'y colle et confirme, s'il en était encore besoin, que la CSC de Bjarne Riis disposait bien sur cette Grande boucle d'un sacré paquet de
cartouches.
Sauf qu'à L'Alpe-d'Huez, Sastre et les frères Schleck, sacrifiés sur l'autel du maillot jaune, apparaissaient bien comme les grands perdants du jour. Incapables qu'ils ont été de faire la peau au
Kangourou de Silence-Lotto qui a certes perdu 2'15 sur la ligne, mais n'est qu'à 1'34 désormais au général. Autant dire que le chrono de samedi devrait lui permettre de renverser la vapeur pour
arriver en jaune à Paris. Evans, qui a toutefois le mot pour rire dès qu'il s'essaie à la langue de Molière, a certes reconnu que le contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond serait bien
« la
course de vérité » que tout le monde attendait, mais il s'est surtout demandé
« ce qu'il pouvait bien faire contre un Espagnol ? »
Un lapsus ou un problème de traduction sans doute. On ne saura jamais. La seule certitude du moment, c'est que l'Australien s'est accroché comme une sangsue aux jambes de Frank Schleck et qu'il a
bien rigolé en voyant le plan des CSC tomber à l'eau.
Et tant pis pour le discours officiellement tenu par le désormais ex-maillot jaune :
« Le plan c'était que Carlos attaque au début et que j'attaque ensuite, souligna Frank Schleck.
Mais il a réussi à partir seul et je ne suis pas déçu. Je suis même ravi qu'il prenne le maillot jaune car c'est notre seule chance de gagner le Tour. »
C'est beau, une équipe de copains. Au vrai, la montée de l'Alpe-d'Huez aura également mis en exergue la force d'Andy Schleck, contraint de ronger son frein jusqu'au sommet pour ne pas courir sur
Sastre. Il était pourtant le plus fort. Indéniablement.
Andy Schleck
était le plus fort
A chaque nouvelle attaque, Frank décrochait d'ailleurs la chaîne de son chien de garde préféré qui s'en allait alors mordre les mollets de l'outrecuidant qui osait mettre les pieds dans le jardin
de la CSC.
David Moncoutié (Cofidis) s'y est essayé à deux reprises :
« Je voulais tenter quelque chose au pied de L'Alpe, mais je n'ai pas pu suivre le rythme longtemps. » Stéphane Goubert
(Ag2r-La Mondiale) l'a imité, plus haut, pour faire le jeu de ses deux leaders, Vladimir Efimkin et Tadej Valjavec. Même punition.
« Comparé aux autres, nous étions un peu justes. On a essayé
d'attaquer chacun notre tour, mais ça n'a pas marché. On est tombé sur meilleur que nous et il faut l'accepter. »
Du coup l'ascension du groupe maillot jaune a été menée sur un faux rythme tandis que Carlos Sastre, devant, avalait les hectomètres avec une rigueur de métronome.
Denis Menchov (Rabobank) y aura trouvé une partie de son salut. Lâché très tôt, le Russe est revenu au train. Limitant ainsi la casse et entrevoyant un possible podium à Paris s'il négocie au
mieux le chrono berrichon de samedi.
Bernhard Kohl (Gerolsteiner) y demeure toujours, sur le podium. Pour deux jours au moins. Christian Vandevelde (Garmin), pour sa part, a tenu les roues et s'est émerveillé :
« L'Alpe-d'Huez,
nous l'avions reconnu en camp d'entraînement. Mais là, nous n'avions plus nos repères avec toute cette foule. Alors tu te laisses emporter par elle et par le bruit des voitures. Et si tu n'es pas
bien, tu réclames plus d'ardeur de la part du public, plus de complicité aussi. »
L'Américain reste sixième. Comme Evans et Menchov, il entrevoit de belles choses (une troisième place au général ?) au bout de la ligne d'arrivée tracée à Saint-Amand-Montrond. Preuve qu'on a
beau porter un autre maillot que celui de la CSC, on peut malgré tout rêver à de belles choses.
Nicolas TAVARÈS
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