
www.velochronique.com/Cadel Evans peut sourire, il vient de faire un pas vers la victoire finale. Il fallait se servir de la Bonette-Restefond pour le flinguer, mais Frank Schleck, au Maillot Jaune très précaire, a raté l'avant-dernière occasion de gagner le Tour. Dernier espoir : prendre au moins 2'30 à Evans et 1'30 à Menchov au sommet de l'Alpe d'Huez, en se servant de la Croix-de-Fer s'il le faut. Un double objectif quasi perdu d'avance, une raison suffisante pour faire de Carlos Sastre le chef de l'équipe CSC et de lâcher le grimpeur espagnol dans la dernière étape alpestre, quitte à perdre Schleck. Côté Bernhard Kohl, déjà bien content d'être à pareil niveau, s'accommode-t-il de sa position ? L'Autrichien a manqué lui aussi la possibilité d'influencer la course. Hormis Christian Vande Velde, qui a dévissé dans la Bonette comme pressenti (2'36 perdues sur le groupe Schleck) et Cadel Evans qui n'a qu'à se contenter de suivre, le groupe fort du Tour s'est torpillé.
Vande Velde éloigné, ils sont passés de 6 à 5 possibles vainqueurs. Parmi lesquels 4 ont reculé d'un pas. La mauvaise descente de Denis Menchov, qui s'est quand même débrouillé pour perdre 35 secondes stupides pourrait le faire passer pour le deuxième perdant de la journée, avec Vande Velde. Que nenni. Il était, des 5 rivaux d'Evans, le plus légitime à se planquer. Ses compétences générales l'autorisent à attendre l'Alpe d'Huez puis le chrono pour s'y frotter. Son retard pris dans la descente sur Jausiers, aussi dangereux pût-il s'avérer, ne vaut pas, en gravité, le statu quo de Schleck, Kohl et Sastre, qui ont impérativement besoin d'une large marge de sécurité en prévision du contre-la-montre. On l'aura compris, sur cette tribune, c'est en fonction de Cadel Evans que la course est analysée.
Or, relativement à Evans, compte tenu des étapes à venir, Sastre était la meilleure chance de gagner. Il était le meilleur compromis entre le temps qu'il peut lui reprendre dans les Alpes et le temps qu'il perdra dans le chrono. L'étape de Jausiers, à cet égard, a démontré le plafonnement général des hommes forts, incapables de se démarquer. Evans était pourtant prenable. Troisième du classement général, il fait figure d'homme à abattre. Menchov doit lui prendre trois minutes à l'Alpe. Les CSC doivent lancer l'offensive dès la Croix-de-Fer pour le compte de Sastre. Kohl ne peut plus grand-chose, à moins qu'il prenne quatre minutes à tous. Evans, seul, peut se permettre la passivité. Laquelle lui sera forcément reprochée, on n'aime pas les attentistes et les suiveurs. Or, il est le malin d'un Tour qui manque de champions hors norme. A défaut de parvenir à faire mieux (attaquer en montagne, gagner une étape, …), il se contente de faire le moins pire possible pour gagner. Excellente tactique s'il gagne le Tour : c'est toujours le vainqueur qui a raison.
Seul Frank Schleck peut encore nous faire mentir, en dominant ses rivaux (et surtout Evans et Menchov) à l'Alpe et en résistant au chrono. Il a bien dominé la concurrence à Bagnère-de-Bigorre… aidé par Piepoli et Cobo.




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