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Après Kim Kirchen en première semaine, Frank Schleck est le deuxième Luxembourgeois à endosser la précieuse tunique jaune sur le Tour 2008
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Autorisation nrco du 03.02.2005
Le champion du Luxembourg rongeait son frein depuis Hautacam. La seconde de retard qu'il comptait sur Evans est effacée. Le voilà en jaune. En partie grâce à son petit
frère Andy
De notre envoyé spécial
Frank Schleck, c'est d'abord un large sourire qui ne le quitte que très rarement. Du moins une fois qu'il a posé pied à terre. Schleck, c'est aussi un caractère
facétieux qui lui fit par exemple dire dans un grand éclat de rire, alors qu'il venait de quitter le podium protocolaire :
« Je sais que je dois maintenant gagner du temps sur mes
poursuivants pour gagner le Tour de France. Mais pour l'instant, je voudrais profiter de ce maillot. Alors laissez-moi tranquille !
Toute la semaine, on m'a demandé quand j'irai la chercher cette seconde. A chaque fois je répondais : “ Mais si vous avez une idée pour, donnez-la moi ! ”
Pour ça il a d'abord fallu
un énorme travail de l'équipe. »
Mais le double champion du Luxembourg, vainqueur à l'Alpe-d'Huez en 2006 (10
e au final, 17
e l'an dernier), a suffisamment rongé son frein toute la semaine dernière pour ne
pas profiter du maillot jaune. Sa seconde d'avance, Evans ne l'a lâchée qu'hier, sur les flancs de Prato Nevoso. Au prix d'une bataille de tous les instants.
« Je n'étais pas super sous la pluie, au départ, avoua Schleck.
Sur Prato Nevoso, Cadel est resté dans ma roue. Mais comme les autres, j'avais mal aux jambes. Pourtant j'ai toujours
pu rester calme. »
L'explication tient en un prénom, celui de son frère Andy.
« Il a mis tout le monde dans le rouge. C'est du grand art ce qu'il a fait. Sans Andy, l'équipe n'aurait jamais pu réaliser une
telle opération. Carlos (Sastre)
a été le premier a attaqué, puis Andy y est allé et encore Carlos qui a fait une bonne opération au classement. »
Mais le nouveau leader de l'épreuve ne pouvait cacher que c'est la force de frappe de toute la CSC qui l'a conduit sur la première marche du podium :
« C'était le plan ce matin (hier). Nous
avons simplement fait voir que nous étions une grande équipe. Un groupe qui se retrouve sur tous les terrains. Dans le vent ou en montagne. Surtout, on y est tous copains. »
Des copains affamés à en croire celui qui porta, une saison durant, les couleurs de l'UC Châteauroux (2002).
« La tactique, c'était que Carlos gagne l'étape, que moi, je termine deuxième et
que je prenne le maillot. Dommage qu'Andy ait fait une fringale dans Hautacam le week-end dernier parce sinon, on pouvait se retrouver à trois devant ! »
Frank Schleck :
“ Dommage qu'Andy
ait eu une fringale.
Sans ça, on serait
trois de la CSC devant ! ”
Ça frise l'insolence, mais Frank sait trop bien qu'avec six coureurs sous la minute, rien n'est encore joué. Ni pour lui, ni pour la CSC.
« Ce n'est pas un secret, on va évidemment défendre
ce maillot. Mais ce soir, je vais surtout être content de rentrer à l'hôtel pour y passer une bonne nuit après que Bjarne (Riis) aura offert le champagne. »
Il sera sans doute également question de la manière avec laquelle Andy a débroussaillé le terrain pour lui. Peut-être même que Johnny, le papa, se mêlera à la conversation, lui qui a assisté au
jour de gloire de son aîné.
Pour Andy, en tout cas, le retour d'ascenceur ne devrait pas tarder. Mercredi à L'Alpe d'Huez, par exemple, où le petit frère se verrait bien triompher. Pour service rendu, ce serait une belle
récompense et vu la démonstration de force des CSC, hier en Italie, il n'y a aucune raison qu'un Schleck prenne la place d'un autre Schleck.
Nicolas TAVARÈS
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