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Equipier modèle chez CSC, Kurt-Asle Arvesen (au centre) s’est montré plus rapide que ses compagnons d’échappée : Alessandro Ballan et Martin Elmiger
Pas de coup de Trafalgar pour la sortie des Pyrénées. Plutôt un immense billet de sortie offert à une douzaine d'hommes finalement réglés par le Norvégien Arvesen après la
belle promenade du Français Moinard.
De notre envoyé spécial à Foix
L'Ariège recèle de merveilles. De celles que l'on ne s'attend plus à voir au détour d'un virage sur la route de Foix. Tenez, hier matin, le peloton s'ébrouait
tranquillement dans les rues de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), un peu agacé, toutefois, de l'effervescence causée par le modeste espagnol Moises Duenas (Barloworld), pris la main dans le pot de
confiture (à l'EPO), et qui venait du même coup jeter encore une fois l'opprobre sur tous les coureurs.
Sur sa droite se dessinaient les Pyrénées qu'on ne retrouverait que l'année prochaine. C'est tout juste si les caravaniers ne s'installaient déjà pas dans une lente glissade vers la Méditerranée
que l'on rejoindra ce soir. Et d'un coup, paf ! Le Col de Portel.
C'est quoi ce Portel ? Une rampe de 12 kilomètres. Étroite comme un chemin de chèvres (que l'on découvre parfois accrochées au coteau) et qui serpente à ce point qu'elle interdit tout
stationnement, obligeant les camping-cars à s'agglutiner les uns sur les autres dans les champs, là-haut, à un peu plus de 1.400 m d'altitude.
Ce col-là, les pros ne l'avaient encore jamais emprunté, du moins dans son intégralité. Les plus faibles, après la journée de repos, en auront été quittes pour battre la campagne à plus de vingt
minutes du bon coup de la journée.
Presqu'un chemin de croix. Entre les douze fuyards du jour et cet inattendu gruppetto, le gros du peloton et tous ses leaders qui débourseront au final 14'51 sur la ligne.
Avoir son PDG
dans le dos
donne parfois des ailes
Bref, hier, les ténors ont accordé un bon de sortie et prolongé encore un peu le farniente. Pour le plus grand bonheur de deux hommes : Kurt-Asle Arvesen (CSC), le vainqueur du jour, et Amaël
Moinard (Cofidis) qui a fait souffler sur la course un vent de fraîcheur, lui qui découvre la Grande boucle.
Son attaque sur les pentes de Portel fut sèche et parfaitement justifiée à l'en croire :
« Je voyais Pozzatto et Ballan qui menaient un faux train dans le col pour essayer de nous endormir et
mieux nous allumer à l'arrivée. »
Moinard étant du genre offensif, il accéléra donc à 60 bornes du but sans plus se poser de question. Avoir le PDG de Cofidis, Benoît Coqueval, dans la voiture qui vous suit donne parfois des
ailes.
Seul problème pour le Cherbourgeois :
« Je ne pensais pas partir seul. Il y avait deux Crédit Agricole dans l'échappée (Fofonov et Botcharov), je croyais qu'au moins un partirait avec moi
puis que dans le groupe ça se regarderait et ça péterait. Sauf qu'ils sont restés à onze et qu'ils ont tous collaboré. »
Du coup, Moinard lâcha prise dans les faubourgs de Foix, laissant à Arvesen, Elmiger (Ag2r-La Mondiale), Ballan (Lampre) et Moerenhout (Rabobank) le soin d'aller se disputer la victoire. Il
fallut la photo-finish pour départage le Norvégien de la CSC et le Suisse Elmiger. Moinard, lui, se contenta du prix de la combativité.
Cadel Evans (Silence-Lotto) et Franck Schleck (CSC), eux, continueront, aujourd'hui, de se marquer à la culotte comme ils l'ont fait tout au long de cette onzième étape. Mais entre Lavelanet
(Ariège) et Narbonne (Aude), d'aucuns imaginent déjà quelques bordures provoquées par la Tramontane. Dans ces coups de temps-là, on connaît la propension des Danois de CSC à faire voler la course
en éclat…
Nicolas TAVARÈS
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