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Roberto Amadio a plutôt une tête sympathique. Même hier matin, alors qu'il était acculé par les journalistes, le manager général de Liquigas, répondait sans
agacement, passant de l'italien au français et vice versa.
Mais, avouons qu'au lendemain de l'annonce du contrôle positif de Manuel Beltran son discours sonne un peu faux.
D'abord quant au cas Beltran, ce coureur arrivé dans la formation italienne l'an dernier avec derrière lui un palmarès minimaliste (Tour de Catalogne 1999) et un parcours qui ne plaide pas en sa
faveur : Team Coast, à l'époque d'Ullrich ; US Postal puis Discovery Channel du temps d'Armstrong et Contador.
Du cas Baltran, donc, Amadio et les Liquigas ont parlé d'une chose
« incroyable » et
« qui ne doit pas arriver », justifiant par là même une
« exclusion naturelle » de
Beltran du Tour.
Et de brandir en étendard une
« éthique d'équipe ». On ne demande qu'à croire. Que Beltran n'est qu'un
« cas isolé ». Que les huit coureurs restants sont plus blancs que
blanc.
Mais, il y a comme un hiatus : le recrutement d'Ivan Basso depuis le printemps dernier. Basso, ce coureur italien, excellent grimpeur, promis à un bel avenir, vainqueur du Giro 2006. Basso, ce
coureur également évincé du Tour de France 2006, au départ de Strabourg, et qui avoua, en mai 2007, son implication dans l'affaire Puerto et qui purge une suspension de deux ans.
Hier, Amadio a dit ne pas vouloir
« parler de Basso » avant de plaider en faveur de son futur coureur :
« Je crois qu'il a commis une faute, mais il a payé. »
Certes, le pardon est souvent une vertu. Mais, en cette époque pas vraiment formidable pour le cyclisme, certains directeurs sportifs seraient mieux inspirés de n'avoir aucune pitié pour les
tricheurs, eussent-ils payé leurs fautes.
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