Le bus de la Liquigas était hier l’objet de toutes les attentions : d’abord celle des gendarmes, puis un peu après, celle des médias. (AFP)
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Autorisation nrco du 03.02.2005
AMBIANCE Seul sujet de conversation au départ de Figeac : l'exclusion de l'Espagnol
BELTRAN FAIT PARLER
Le temps était à la pluie, hier, sur les routes de Midi-Pyrénées. Un ciel bas qui allait si bien à ce lendemain de l'éviction de Beltran. A l'heure où la caravane se
mettait en route, où les bus des équipes arrivaient à Figeac, le premier banni du Tour était déjà en route pour l'Espagne. Et ce après avoir fait un crochet par la gendarmerie, vendredi soir,
pour s'expliquer.
Sur le parking des équipes, ça parlait. Ça s'étonnait, plus ou moins. Ça se bousculait aussi, surtout autour du bus Liquigas.
Roberto Amadio, le manager général de la formation italienne, a répété encore et encore son étonnement de la veille.
« Oui, c'est une surprise car il n'y avait rien avant le Tour qui puisse
laisser paraître des paramètres anormaux pour Beltran. » Ou encore :
« C'est un cas isolé, les coureurs sont encore plus étonnés que moi. » Un modèle de langage diplomatique.
Un peu plus loin, Marc Madiot, le patron de la Française des Jeux, dit qu'il n'est
« pas étonné ».
« Le Tour, c'est la plus grande course du monde. C'est donc normal que sur cette
course, il y en ait qui soient pris. »
Roger Legeay, celui du Crédit Agricole, s'évertuait, lui, à positiver.
« Bon alors, vous voulez que je vous parle de quoi ? Ça risque d'arriver au sprint. Je pense que c'est pour Cavendish
aujourd'hui. » Un trait d'humour bien venu qui ne fait tout de même pas oublier l'essentiel : le premier cas de dopage révélé sur le Tour de France 2008.
« Ce n'est pas agréable d'avoir
un contrôle positif sur le Tour mais cela fait partie des possibles. Cela montre que la lutte antidopage marche : quatre ont été pris l'an passé par la patrouille, un cette année et sans doute
d'autres l'an prochain. Notre objectif, c'est de prendre les tricheurs. Ce qui arrive là est tout à l'honneur de l'Agence française de lutte contre le dopage et de tous, les équipes, les
coureurs, les organisateurs, l'UCI qui travaillent en ce sens. » Et de rappeler que les équipes mettent ainsi 150.000 euros dans cette lutte.
Une question de génération ?
Un peu plus tard, Legeay récusera l'idée que Beltran soit l'un des derniers d'une vieille génération, malsaine, à tomber, qu'il soit la queue de la comète.
« Il n'y a pas d'âge pour cela.
Comme dans toutes les sociétés, l'ego et l'argent mènent à des dérives. Avec l'affaire Festina, on croyait qu'une génération s'en allait. Or, ça ne s'est pas produit. Ce qui serait vraiment
grave, c'est qu'un cas de dopage organisé éclate. »
Romain Feillu, qui se réjouissait de voir tomber un garçon qui
« n'est pas le coureur le plus apprécié du peloton, pas vraiment sympa », espère pourtant que c'est bien une histoire de
génération.
« C'est décevant de voir un coureur se doper. C'est même un peu bizarre qu'un coureur se fasse prendre à l'EPO, mais c'est un ancien. » Et pour l'ex-porteur du maillot jaune,
les jeunes sont plus propres que les aînés…
A choisir, on préférerait que Feillu ait raison. Mais surtout on aimerait que le scénario d'un dopage organisé soit vraiment du passé.
Annaïck Mainguy
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