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Des échappées multiples, une chute suivi d'un coup de bordure, des coureurs partout : l'étape d'hier ne fut pas banale avec un succès à Aurillac de Sanchez. Une étape qui
restera aussi comme celle de la première annonce d'un cas de dopage…
De notre envoyée spéciale à Aurillac
Pour ne rien rater de cette septième étape, mieux valait ne pas quitter l'œil de sa télévision ou ne pas détourner l'oreille de Radio-Tour. Comme qui dirait, c'était
un « beau bordel » sur la route du Tour.
Première nouveauté bien venue : le premier coup, initié par Christophe Moreau et William Frischkorn de Garmin-Chipotle que l'on a déjà souvent vu depuis le départ de Bretagne, fut pour une fois
un coup d'épée dans l'eau. Et loin de se résigner, ils furent nombreux à tenter vaille que vaille. Y compris Millar, handicapé par ses 47 secondes de retard (une broutille) sur Kirchen qui prit
le large en haut de la première bosse et de nouveau, et de manière plus sérieuse, dans la deuxième ascension avec Voigt (CSC), Barredo (Quick Step), Florencio (Bouygues Télécom), Scholz
(Gerolsteiner) et Vaugrenard (La Française des Jeux).
Mais la pagaille, la vraie, intervint sur un accident de course : une chute assez anodine autour du kilomètre 58. On en est alors encore à cent kilomètres d'Aurillac, loin de l'arrivée, loin
aussi des deux difficultés du jour, le col d'Entremont et surtout le Pas de Peyrol, sur les flans du Puy Mary. Pas de quoi s'affoler donc.
Sauf que l'un des piégés se nomme Damiano Cunego, le leader de la Lampre, venu ambitieux sur ce Tour au point de faire une croix sur « son » Tour à lui, le Giro. Ni une, ni deux, les CSC de
Bjiarn Riis embrayent. Avec un peu de vent défavorable, il n'en faut pas plus pour que cela saute de toute part !
Manuel Beltran rattrapé
par l'Agence française
de lutte
contre le dopage
Le quintet est très vite absorbé. Évidemment. On ne joue plus là dans la même catégorie. Derrière, les Lampre se mettent à la planche. Pas plus mal pour les Français piégés comme Casar, Pineau ou
Dessel. Une poursuite d'une trentaine de kilomètres qui annihile l'effort fait par les Danois. Mais l'Italien aux cheveux décolorés a encore perdu une trentaine de secondes. Et pointe maintenant
à 2'09 de Kirchen.
On l'oublierait presque mais, à ce moment-là de l'étape, les deux montées importantes sont encore à venir. Et c'est justement dans le col d'Entremont que Luis-Léon Sanchez s'en va déjà.
Accompagnés, tient, tient, de deux Espagnols et un Italien : Jufre Pou (Saunier-Duval) puis de De La Fuente (Saunier-Duval) et Nibali (Liquigas).
Quatre hommes que l'on retrouve en haut de cette montée comme en haut du Pas de Peyrol puis du raidillon de 1,7 km qui surgit à neuf bornes de l'arrivée. Sauf que là, ils sont avec dix-neuf
autres garçons, tous ou presque appelés à jouer les premiers rôles. Derrière, Chavanel, Voeckler et beaucoup d'autres se sont rassemblés dans un gruppetto déjà bien venu. Au Pas de Peyrol, le
maillot à pois est déjà à onze minutes. A l'arrivée, il en rend plus de vingt…
Luis Leon Sanchez porte l'estocade dans la descente de ce dit raidillon. Une attaque opportune qui piège tout le monde et qui offre une deuxième étape à la Caisse d'Epargne. Depuis Brest, Unzue
et ses troupes n'ont qu'un seul credo : le maillot jaune à Paris pour Valverde. Résultat : loin d'être avares de leurs efforts, ils comptent déjà deux jours en Jaune et deux étapes… Un coquet bas
de laine.
Pas de doute, sur ce Tour de France, il n'y a pas de demi-mesures : il y a les très forts et les autres. Manuel Beltran et son équipe Liquigas faisaient plutôt partie du premier panier.
Le coureur espagnol, qui a notamment sur sa carte de visite trois années au côté d'Armstrong puis Contador chez Discovery Channel et l'US Postal, est tombé hier soir, pris dans les mailles du
filet de la lutte antidopage. Un contrôle effectué à Plumelec qui a livré un verdict par trop déjà vu : positif à l'EPO. Des gendarmes ont d'ailleurs perquisitionné hier soir l'hôtel de l'équipe
de l'Espagnol, Liquigas, qui, dans la foulée, a décidé d'exclure son coureur.
Annaïck MAINGUY
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