
L'étape de Super-Besse ne devait pas bouleverser la position des principaux favoris entre eux (tout au plus, quelques secondes de variation) mais elle pouvait créer un peu de mouvement dans le classement général. C'est fait. Mais si Stefan Schumacher a perdu son Maillot Jaune au sommet de Super-Besse, ce n'est pas par le jeu de la course, puisque l'Allemand était parfaitement dans le coup, comme prévu, et il aurait fini l'étape dans les huit premiers, au moins dans les roues de ses rivaux, voire mieux, n'eût été une chute malheureuse au plus mauvais moment, à moins de cinq cents mètres de la ligne, au moment où le sprint se lançait dans le petit groupe de tête. Le déjà ex-jaune Allemand finit ainsi d'incommoder certains observateurs, qui ne voyaient pas sa position d'un bon œil, position pas plus illégitime que celle d'autres cadors de l'épreuve.
Schumacher à terre, Kim Kirchen et Cadel Evans dans le groupe fort, les quelques secondes qui le séparaient d'eux au classement général étaient très vite récupérées. Dans le sillage de Riccardo Ricco, venimeux vainqueur du jour, Alejandro Valverde un peu trop tôt lancé par ses équipiers, cédait la victoire sans pouvoir reprendre une seule seconde à Evans, péniblement cramponné à sa roue. Trois longueurs derrière, les deux Luxembourgeois Frank Schleck et Kim Kirchen confirment leur excellente tenue, notamment ce dernier, étonnamment omniprésent depuis le premier jour et qui profite sans le vouloir de la chute finale de Schumacher pour se vêtir de jaune. À trente ans, et un peu au hasard de cette première semaine, Kirchen se glisse dans le rang des outsiders sérieux du Tour, dont il était 7e en 2007.
Kreuziger, Sastre et Menchov discrètement attentifs ont largement tenu le choc de la dernière rampe et ne lâchent que quelques secondes dans les derniers mètres, accompagnés d'un Piepoli très remuant qui a tenté vainement sa chance. En revanche, notre favori du jour Cunego (à 00'32) a fait la grimace dans les deux derniers kilomètres ; Andy Schleck (à 00'45) a un peu déçu, dans cette fin d'étape à la façon d'une Amstel Gold Race, où l'ensemble du peloton s'est étiré, effiloché, scindé, et où le diabolique Ricco ouvre son palmarès du Tour, après ses performances au Giro. 2e du dernier Tour d'Italie et grimpeur fluet mais fort en gueule, pas forcément apprécié de ses collègues, qu'il toise à la manière du Cobra qui va cracher, le jeune Italien de 24 ans a effectué un sprint de côte impeccable. Il ne devait pas disputer ce Tour, et il est déjà un peu loin au classement général, mais d'autres étapes feront son bonheur, et Ricco pourrait être exactement la nouvelle figure du grimpeur dans le cyclisme mondial.

Bienvenue sur
le site des résultats du cyclisme.



Derniers Commentaires